Lire des histoires à son enfant pour préparer l'apprentissage de la lecture

L'apprentissage de la lecture commence officiellement au CP, mais tout ce que votre enfant entend, regarde et comprend des histoires bien avant ses six ans lui prépare le terrain, à condition de lire avec lui plutôt que de chercher à lui apprendre à lire trop tôt.

Ce qu'il apprend quand on lui lit une histoire

La langue des livres n'est pas tout à fait celle que l'on parle à table, et c'est justement ce qui la rend précieuse : un enfant à qui l'on lit régulièrement des histoires entend des mots qu'il ne rencontrerait pas ailleurs, comme « soudain », « aussitôt » ou « il s'aperçut que », et il se familiarise avec des phrases plus longues et mieux construites que celles de la conversation. Il découvre aussi qu'une histoire a un début, un problème à résoudre et une fin, ce qui l'aidera plus tard à comprendre ce qu'il lira seul, car savoir déchiffrer les mots ne suffit pas si l'on ne sait pas suivre un récit.

Sans que vous ayez besoin de l'expliquer, il comprend peu à peu que les traces noires sous l'image correspondent à ce que vous dites, que l'on lit de gauche à droite et de haut en bas, et que le même livre raconte toujours la même chose, ce qui est loin d'être évident pour un enfant de trois ans.

Laisser de la place à ses questions

Une histoire n'a pas besoin d'être lue d'une traite. Vous pouvez vous arrêter sur une image pour lui demander ce qu'il voit, ce que ressent le personnage ou ce qui va se passer à son avis, et le laisser vous interrompre quand une question lui vient, car c'est dans ces petits échanges qu'il fait travailler sa compréhension et son vocabulaire. Les spécialistes parlent de lecture dialoguée, mais en pratique il s'agit simplement de discuter du livre ensemble.

Il réclame la même histoire tous les soirs depuis trois semaines ? C'est plutôt une bonne nouvelle, même si c'est un peu lassant pour l'adulte, parce qu'à force de l'entendre il en anticipe les phrases, il vous reprend si vous changez un mot et finit par « lire » certaines pages de mémoire en suivant les images, ce qui est une étape tout à fait normale de l'entrée dans l'écrit.

Jouer avec les sons plutôt qu'avec les lettres

Avant d'associer des lettres à des sons, un enfant doit apprendre à entendre que les mots sont faits de morceaux, et c'est ce que l'école maternelle travaille beaucoup, surtout en grande section. À la maison, cela passe par des jeux très simples : chanter des comptines et s'amuser des rimes, frapper dans les mains les syllabes de son prénom ou de celui de ses cousins, chercher pendant un trajet en voiture des mots qui commencent comme « moto » ou qui finissent comme « gâteau ». Aucun cahier d'exercices n'est nécessaire, et il vaut mieux s'arrêter dès que le jeu ne l'amuse plus.

Montrer le texte du doigt, de temps en temps

Dans un album ou une bande dessinée, l'enfant peut voir où se trouve le texte et, dans les bulles, qui est en train de parler. Suivre du doigt une phrase courte pendant que vous la lisez, ou lui montrer un mot qui revient souvent, l'aide à faire le lien entre l'oral et l'écrit, à condition de ne pas transformer chaque page en leçon. Le mot qu'il reconnaîtra le plus vite est presque toujours son prénom, et nous y consacrons un article à part.

Il ne tient pas en place pendant l'histoire ? C'est très fréquent avant cinq ans. Il peut écouter en jouant à côté de vous, choisir lui-même le livre, ou préférer un documentaire sur les camions ou les dinosaures à un conte, et une histoire courte lue avec plaisir vaut bien mieux qu'un long album écouté à contrecœur.

Un moment court, mais régulier

Dix minutes chaque jour apportent davantage qu'une longue séance de temps en temps, et le moment du coucher s'y prête souvent bien, comme nous l'expliquons dans notre article sur le rituel du soir. Si vous lisez parfois une histoire sur une tablette, l'essentiel reste de la lire ensemble, assis l'un à côté de l'autre, car même une belle lecture enregistrée ne remplace pas votre voix, vos questions et vos réponses aux siennes.

Ces conseils sont des repères généraux. Si vous avez des questions sur le langage de votre enfant ou sur sa façon de comprendre les histoires, son enseignant, votre médecin ou un orthophoniste sauront vous répondre.

Une histoire où il retrouve son prénom

Les albums Moi en BD se lisent comme ceux qu'il connaît, avec un texte à lire à voix haute sous chaque image et des bulles pour les dialogues, à ceci près que le héros porte son prénom et lui ressemble, de quoi lui donner envie de chercher son nom dans chaque page.

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