L'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur : préparer l'aîné

L'annonce d'un bébé réjouit toute la famille, mais pour un enfant de trois à six ans elle signifie aussi qu'il va devoir partager ses parents, son espace et parfois ses jouets avec un nouveau venu qui, au début, pleure beaucoup et ne joue pas du tout, ce qui explique les réactions parfois déroutantes de l'aîné et la nécessité de l'accompagner bien avant la naissance et longtemps après.

Quand et comment l'annoncer

À cet âge, la notion de temps reste floue, et neuf mois représentent une éternité ; il est donc souvent préférable d'annoncer la nouvelle lorsque le ventre commence à se voir ou lorsque les préparatifs deviennent visibles, plutôt que dès les premières semaines. Mieux vaut le lui dire vous-mêmes, avec des mots simples et honnêtes, avant qu'il ne l'apprenne par une conversation entendue au détour d'un repas, et relier l'arrivée du bébé à un repère qu'il comprend, comme une saison, Noël ou son anniversaire. Il est inutile de lui promettre un compagnon de jeu, car le nouveau-né le décevrait vite, et plus juste de lui expliquer qu'un bébé dort, mange, pleure beaucoup et a besoin qu'on s'occupe de lui.

L'associer sans le surcharger

Impliquer l'aîné dans les préparatifs, choisir une peluche pour le bébé, aider à ranger les petits vêtements ou regarder ses propres photos de nourrisson en lui racontant ses premiers jours, lui permet de se sentir acteur de l'événement plutôt que spectateur. Les changements qui le concernent directement, comme passer dans un grand lit, changer de chambre ou entrer à l'école, gagnent à être anticipés plusieurs mois avant la naissance, afin qu'il ne les vive pas comme une conséquence directe de l'arrivée du bébé et n'ait pas l'impression d'être poussé dehors pour lui laisser la place.

Jalousie et retours en arrière

Après la naissance, il est très fréquent que l'aîné manifeste sa jalousie, parfois de façon directe en voulant renvoyer le bébé à la maternité, parfois de façon détournée en redemandant une tétine, en refaisant pipi au lit ou en parlant comme un bébé. Ces retours en arrière sont une manière de vérifier qu'il est toujours aimé et qu'il peut, lui aussi, être pris en charge, et ils s'estompent d'autant plus vite qu'on les accueille sans gronder ni se moquer. Reconnaître ce qu'il ressent, par exemple en lui disant qu'il a le droit d'être fâché que le bébé prenne beaucoup de temps à maman ou à papa, tout en posant clairement l'interdit de lui faire mal, l'aide à faire la différence entre l'émotion, toujours acceptable, et le geste, qui ne l'est pas.

Un moment rien qu'à lui. Quelques minutes chaque jour passées seul avec l'un de ses parents, à lire, jouer ou discuter, sans le bébé et sans téléphone, valent souvent mieux que de longues explications. Ce rendez-vous régulier lui rappelle qu'il garde sa place, quel que soit le temps que demande le nouveau-né.

Les premiers jours à la maison

Le retour de la maternité est un moment délicat, car l'aîné découvre d'un coup que le bébé est bien là pour rester et qu'il accapare une grande partie de l'attention de ses parents, souvent fatigués par les nuits courtes. Lorsque c'est possible, il est préférable que le parent qui rentre ait les bras libres pour accueillir le grand en premier, pendant qu'un autre adulte porte le nouveau-né, et qu'une petite attention, un dessin à accrocher ou un livre « de la part du bébé », marque la rencontre. Garder autant que possible ses repères habituels, l'école, les activités, les horaires du coucher et le rituel du soir, lui montre que sa vie ne s'arrête pas avec l'arrivée du petit, même si tout le monde doit s'adapter.

Il peut aussi participer à sa mesure aux soins, en apportant une couche, en choisissant le pyjama ou en chantant une chanson au bébé, sans y être obligé, car certains enfants préfèrent d'abord observer de loin avant de s'approcher.

Valoriser sa place de grand

L'aîné a besoin d'entendre qu'il compte toujours autant et que grandir lui apporte aussi des privilèges, comme rester un peu plus tard le soir, choisir l'histoire ou faire des activités que le bébé ne peut pas encore partager. Le féliciter quand il se montre doux ou serviable avec son petit frère ou sa petite sœur, sans pour autant le transformer en assistant permanent, l'encourage à investir son nouveau rôle à son rythme. Les visiteurs qui se précipitent sur le berceau peuvent aussi être invités à saluer d'abord le grand, un détail qui change beaucoup pour lui.

Les histoires pour en parler

Lire ensemble des albums où un enfant découvre la vie avec un bébé l'aide à exprimer ce qu'il ressent sans avoir à parler directement de lui, et une histoire sur les émotions qui débordent, comme La tempête dans le ventre dans Moi en BD, peut ouvrir la conversation sur la colère ou la tristesse qu'il n'ose pas toujours avouer. Plus tard, lorsque le petit dernier aura grandi, la formule Famille de Moi en BD permettra à chaque enfant d'avoir son propre héros, avec son prénom et un avatar qui lui ressemble, pour que chacun ait ses histoires à lui.

Ces conseils sont des repères généraux. Si la jalousie de votre enfant s'accompagne d'une tristesse durable, de troubles du sommeil ou de l'appétit, ou de gestes agressifs répétés envers le bébé, n'hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre pédiatre.

Ses histoires à lui, avec son prénom

Dans Moi en BD, votre aîné devient le héros d'albums qui l'aident à vivre les petits défis du quotidien, avec un papa ou une maman qui vous ressemble. Un bon moyen de garder un moment de lecture rien qu'à lui, et les deux premières histoires sont offertes.

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